vendredi 5 juin 2009

<=...Le roi soleil n'est pas si loin

Le soleil tapait fort ce jour là, sur le chateau et les jardins. L'or brillait et l'eau des fontaines stagnait, en attente d'un passage royal. La cour dormait paisiblement, sous la chaleur assomante de midi. Le roi soleil aussi avait décidé de s'offrir une sieste. Seule une personne dans le chateau ne dormait pas. Marie ne voulait pas dormir, elle voulait profiter de ce moment de liberté qu'elle avait pour enfin pouvoir sortir sans etre suivie. Elle se leva discretement, enfila une robe légère, sans prendre le temps de se corseter, ni de mettre son faux-cul. Sa robe était en coton bleu et des fleurs en soie blanche etaient cousues sur le décolleté. L'étiquette n'aurait surement pas permis une robe aussi courte mais Marie n'en avait que faire. Une fois ses pantoufles de vair mises et sa coiffure blonde domptée par un peigne en nacre, elle sortit de la chambre.
Ses chaussures claquaient sur le parquet vernis. Elle traversa le long couloir des ancetres, pris une porte secrete, passa près du petit salon, se faufila entre les murs séparant le grand salon de la salle de bal et déboucha enfin dans la cuisine des domestiques. A cette heure-ci, personne ne la verrait passer par l'entrée principale, mais Marie voulait ne pas prendre de risques. Elle se dirigea vers la porte, poussa la lourde planche en bois et tira sur la poignée, les gonds grincerent et l'air s'engoufra dans la petite cuisine. Marie sortie, retira ses chaussures, les posa sur une dalle et, sentie enfin la chaleur de la pierre, fit quelques pas et referma la porte.
L'herbe était fraiche, quoique en plein soleil. Les fontaines se taisaient, pour une fois, Marie les détaistaient. Elle n'aimait d'ailleurs pas grand chose dans ce chateau, froid malgré l'or dans lequel il baignait. Tout était impersonel dans la vie de chateau que Marie menait, elle pouvait décider seulement de la couleur de sa robe ou de ses chaussures. Mais rien d'autre. Elle ne servait a rien, elle était là pour faire un sourire a quelques baronnes et princesses mais rien d'autres. Son mari ne l'aimait pas. Une larme coula sur sa joue pâle et rosie par le soleil, Marie l'essuya et se mit a courir aussi vite qu'elle put, le plus loins possible, au plus profond des jardins. Tout s'embrouillait dans son esprit, sa robe se déchirait, s'accrochant aux branches, ses pieds glissaient sur l'herbe humide. Ses yeux étaient remplis de larmes et d'une douleur indéfinissable. Elle avait mal. Elle s'arreta. Elles étaient là.
Marie était arrivé un an auparavant dans le chateau, pour faire honneur a son pays, elle avait épousée un prince qu'elle n'aimait pas, et avait vécu dans la richesse et le luxe. Son moindre geste était observé et jugé. Toute la cour l'avait jugée sur ses tenues et ses paroles. Marie n'y pouvait rien, elle venait d'autre part, d'un endroit où l'on ne jugeait personne avant de l'avoir connu. Mais a Versailles, tout était différent.
Elles étaient là, riant de bon coeur, toutes les 5. Elles atendaient Marie depuis une heure mais ne lui en voulait pas. Elles étaient toutes vetues différemment.
La premiere était vêtue d'une robe bleu marine, ses cheveux blonds contrastant parfaitement avec le bleu profond du coton.
La seconde portait une robe en mousseline violette parsemée de fleurs blanches.
La troisieme portait une robe a bretelles, noire, tachetée de minuscules fleurs vertes sur l'encollure.
La robe de la troisieme était d'un vert foncé, un médaillon au cou.
La quatrieme enfin, était vêtue d'une robe blanche, des fleurs rouges sur les manches
Toutes avaient apportées quelque chose a manger ou à boire, ainsi, des macarons au chocolat, du thé glacé et des brioches tronaient sur une nappe à carreaux rouges. Marie s'approcha et les embrassa, pris part a la conversation. Ce fut une délicieuse apres midi, toutes rierent, mangerent, parlerent et burent. Mais lorqu'il fut tard, toutes se retirèrent et Marie se retrouva seule, perdue.
elle marcha longuement dans le parc et les jardins, et ne rentra pas.

Marie, fut retrouvée, quelques heures après, dans la cuisine des domestiques, pendue. Finalement, elle n'était vraiment pas heureuse...

Quand le passé ratrape la réalité...
By Toumoo

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